Après un début d’année encourageant, le marché immobilier semble entrer dans une nouvelle phase d’incertitude. Les acheteurs sont toujours là, les banques continuent d’accorder des crédits et les prix résistent plutôt bien. Mais le retour de l’inflation, les tensions internationales et les dernières décisions de la Banque centrale européenne (BCE) pourraient rebattre les cartes dans les prochains mois. Alors, à quoi faut-il s’attendre d’ici la fin de l’année ? Sans bouleversement annoncé, plusieurs tendances méritent d’être surveillées, que l’on envisage d’acheter, de vendre ou simplement de suivre le marché.
Le nombre de ventes pourrait encore ralentir
Après un rebond en 2025, les professionnels de l’immobilier se montrent plus prudents pour la fin de l’année 2026.
La Fédération nationale de l’immobilier (FNAIM) estime que le marché a perdu de son élan au printemps. Les transactions ont reculé de 17 000 ventes en seulement deux mois et la fédération anticipe désormais entre 900 000 et 920 000 ventes de logements anciens sur l’ensemble de l’année, soit environ 5 % de moins qu’en 2025.
Ce ralentissement ne signifie pas que le marché est à l’arrêt. Les projets immobiliers continuent d’aboutir, mais davantage de ménages préfèrent attendre d’y voir plus clair avant de se lancer. Les incertitudes économiques, le coût du crédit et le contexte international incitent certains acheteurs à reporter leur décision.
Les prix pourraient évoluer très différemment selon les villes
Contrairement aux idées reçues, un ralentissement des ventes ne provoque pas automatiquement une baisse généralisée des prix.
À l’échelle nationale, les prix des logements anciens restent globalement stables. En revanche, les écarts entre les territoires continuent de se creuser. Certaines villes voient encore leurs prix progresser, tandis que d’autres poursuivent leur ajustement après plusieurs années de hausse.
Autre élément à garder en tête : même lorsque les prix semblent stables, ils peuvent en réalité perdre de la valeur une fois l’inflation prise en compte. Les spécialistes invitent donc davantage à regarder le marché local qu’à se fier à la moyenne nationale.
Les marges de négociation pourraient s’élargir
La fin de l’année pourrait également offrir davantage d’opportunités de négociation sur certains biens.
Lorsqu’un logement reste plusieurs mois sur le marché, le vendeur peut se montrer plus ouvert à la discussion, notamment si son projet dépend d’une vente rapide. Les biens nécessitant des travaux ou affichant une faible performance énergétique pourraient également laisser davantage de marge aux acheteurs.
En revanche, les logements bien situés, en bon état et proposés à un prix cohérent devraient continuer à trouver rapidement preneur. Comme souvent en immobilier, tout dépend du bien concerné et de son marché local.
Les banques continueront de prêter, mais resteront vigilantes
Les banques devraient continuer à financer des projets immobiliers jusqu’à la fin de l’année, mais elles pourraient rester exigeantes dans l’étude des dossiers.
Les experts anticipent une légère remontée des taux si les tensions sur les marchés financiers persistent. Plusieurs organismes estiment ainsi que les taux moyens pourraient dépasser 3,50 % sur les prêts de longue durée d’ici la fin de l’année, même si la concurrence entre les banques limite, pour l’instant, les hausses les plus importantes.
Dans ce contexte, les emprunteurs disposant d’un apport personnel, de revenus stables et d’une bonne gestion de leurs finances continueront de bénéficier des meilleures conditions. Pour les autres profils, le financement pourrait devenir un peu plus difficile à obtenir.
Le logement pourrait rester au cœur des débats
Au-delà des taux et des prix, plusieurs évolutions dépendront aussi des décisions des pouvoirs publics.
La FNAIM estime que le logement est redevenu un sujet prioritaire et appelle à poursuivre les réformes engagées autour de l’investissement locatif, de la rénovation énergétique ou encore du statut des bailleurs privés. De nouvelles mesures pourraient être discutées dans les prochains mois, même si leur calendrier et leur contenu restent encore incertains.
Dans le même temps, les professionnels alertent sur les difficultés persistantes du marché locatif. La diminution de l’offre disponible dans certaines villes complique l’accès au logement et pousse parfois des ménages à acheter plus tôt que prévu.
Un marché qui reste à surveiller plutôt qu’à craindre
Pour les particuliers, la fin de l’année devrait donc être marquée davantage par la prudence que par un bouleversement. Les taux pourraient légèrement progresser, les ventes ralentir, tandis que les prix devraient continuer à évoluer différemment selon les territoires. Pour autant, le marché immobilier reste actif et les opportunités existent toujours.
Plus que jamais, les spécialistes recommandent de raisonner en fonction de son projet personnel plutôt que d’attendre un hypothétique « moment parfait ». Un bien adapté à ses besoins, acheté au bon prix et financé dans de bonnes conditions, restera souvent une meilleure stratégie que de repousser son projet dans l’espoir d’une évolution favorable du marché.
Références
- mysweetimmo.com, Immobilier : un marché convalescent, au bord de la rechute ?
- pretto.fr, La hausse des transactions marque-t-elle le retour du marché immobilier ?
- capital.fr, La reprise de l’immobilier déjà enrayée par l’inflation ?
- pretto.fr, Les prix de l’immobilier vont-ils baisser avec la hausse des taux ?
- moneyvox.fr, Prêt immobilier : un taux supérieur à 3,50 % sur 25 ans, les nouvelles prévisions pour fin 2026
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Journaliste au Club du Patrimoine by Adomos.


