La guerre de Sept Ans, qui se déroule de 1756 à 1763, est souvent présentée comme la première guerre mondiale de l’histoire. Elle dépasse le cadre du continent européen car le conflit se joue également en Amérique du Nord et pour des ambitions coloniales. À l’époque, le royaume de France demeure l’une des principales puissances du continent et la rivalité franco-britannique est à son paroxysme.
Pourtant, à la sortie de la guerre, le royaume de France de Louis XV connaît un affaiblissement durable qui va révéler ses faiblesses financières et une perte de son empire colonial en faveur des Britanniques.
Les origines du conflit
Les origines de la guerre sont plurielles, elle se basent sur le conflit austro-prussien et les ambitions coloniales de l’Angleterre. [1] L’Autriche tient à reprendre la région de Silésie des mains de Frédéric II de Prusse, allié de l’Angleterre. Les Britanniques eux, cherchent à s’approprier l’empire colonial du royaume de France en Inde et en Amérique du Nord. [2]
L’un des enjeux majeurs est le contrôle du commerce lucratif des fourrures. Les marchands Anglais cherchent à dominer les ressources des Grands Lacs pour les rediriger vers New York, au détriment des convois français qui se dirigent vers Montréal et Québec en Nouvelle-France. [3] Les hostilités débutent en 1755 sans aucune déclaration formelle de guerre lorsque l’Angleterre lance des assauts sur les côtes françaises.
C’est au printemps 1756 que le conflit est officiellement déclenché à l’échelle mondiale, conséquence directe des agressions maritimes répétitives. [4]
Des moyens inégaux face à l’Angleterre
Lors de cette période, le royaume de France et l’Angleterre possèdent des moyens inégaux en termes d’effectifs militaires et de budget pour résister à ce conflit. Bien que le royaume de France soit le pays le plus peuplé d’Europe à cette époque, le secrétaire d’État français à la Marine doit gérer le conflit avec 30 millions de livres tandis que les Britanniques disposent de 150 millions. [5]
La puissance maritime française se retrouve en difficulté en possédant une cinquantaine de gros navires de guerre car l’Angleterre en possède 107. [6] Le problème de l’administration française est que les impôts indirects ne sont pas perçus par les agents du roi mais sont confiés à des groupes financiers privés appelés les « fermiers généraux ». [7] Par conséquent, le royaume de France ne dispose pas encore d’une administration capable de lever l’impôt directement dans tous les villages du royaume.
La capacité de l’État à extraire des revenus de sa population est donc limitée par rapport à l’Angleterre. Par exemple, en 1758, un Français paye environ 9 livres de taxes contre plus de 23 livres pour un contribuable Britannique. [8] Le système d’imposition français est moins efficace que le système anglais pour les finances du royaume, ce qui est une grande faiblesse pour le royaume de France.
Les conséquences économiques pour le royaume de France
La défaite de la guerre de Sept Ans est désastreuse pour le royaume de France. Les répercussions à la suite de la signature du traité de Paris du 10 février 1763 ont redessiné la puissance française : pertes coloniales, recul géopolitique et une importante dette de guerre. En 1763, le royaume de France perd la quasi-totalité de ses possessions en Amérique du Nord.
La production sucrière dans les Antilles au XVIIIe siècle est très lucrative donc les Français cèdent la Nouvelle-France à l’Angleterre et avaient déjà cédé la Louisiane à l’Espagne l’année précédente. Les Français conservent cependant les îles de Saint-Pierre-et-Miquelon pour les pêcheurs, l’île de Gorée ainsi que cinq comptoirs en Inde. [9]
La dette est alourdie car la conduite de cette guerre a représenté la plus grosse dépense de l’histoire de la monarchie française. [10] Au lendemain du conflit, en 1764, le capital de la dette globale a été évalué à plus de 2 milliards de livres, soit l’équivalent de sept années de revenus bruts du gouvernement. [11]
Références :
- https://www.erudit.org/fr/revues/cd/2009-n99-cd1044830/6708ac.pdf
- Ibid.
- Ibid.
- Ibid.
- Ibid.
- Ibid.
- https://shs.cairn.info/les-armees-du-roi–9782200614157-page-173?lang=fr#s1n4
- Ibid.
9/ https://www.erudit.org/fr/revues/cd/2009-n99-cd1044830/6708ac.pdf
- https://shs.cairn.info/les-armees-du-roi–9782200614157-page-173?lang=fr#s1n4
- https://books.openedition.org/igpde/1996
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Journaliste au Club du Patrimoine by Adomos.


