En 1940, la défaite militaire de la France ne provoque pas seulement un déséquilibre politique. Elle provoque aussi un bouleversement économique important. En quelques semaines, la division de la France, la désorganisation des transports et le début d’une collaboration économique avec l’Allemagne plongent le pays dans une économie de pénurie. L’armistice du 22 juin 1940 place la France dans un cadre de dépendance où l’Allemagne peu prélever et utiliser les ressources au profit du Reich.
Les origines du régime de Vichy
Pendant la Seconde Guerre mondiale, la France accorde sa confiance au maréchal Pétain qui est le dernier président du Conseil de la IIIe République. [1] En pleine crise, la France signe l’Armistice avec l’Allemagne d’Adolf Hitler le 22 juin 1940 et Philippe Pétain apparaît comme un recours. Le 10 juillet 1940, les parlementaires de la IIIe République délèguent les pouvoirs constituants à Pétain. [2] Ce transfert de pouvoir en toute légalité va permettre à Philippe Pétain de mettre en place un régime répressif et autoritaire, installé à Vichy. [3]
Le nouveau régime économique : produire pour le Reich

Avec cette période de collaboration, l’économie française s’est profondément assujettie à l’Allemagne et a connu de multiples contraintes. L’État français institue un nouveau cadre réglementaire d’« économie dirigée ». Ce système s’appuie sur la soumission des entreprises françaises à l’Allemagne et sur une production industrielle importante pour le Troisième Reich.
L’Allemagne exige et obtient des livraisons massives de matières premières stratégiques (bauxite, aluminium, produits chimiques etc.) issues de la production industrielle française. Dès l’automne 1940, un contrat oblige donc les industriels français à livrer 10 000 tonnes d’aluminium prélevées sur leurs stocks, puis 3 000 tonnes par mois sur leur production au prix de 19,75 francs le kg. [4] L’occupation de l’industrie française est essentielle car les usines livrent même jusqu’à 100% de leur capacité de production d’azote. [5] En parallèle, on assiste à un véritable pillage économique des entreprises sous Vichy. Par exemple, dans la région lyonnaise, des entreprises textiles comme la TASE (du groupe Gillet) consacrent entre 70% et 80% de leur production au Reich pour fabriquer des parachutes ou des toiles de pneus. [6]
L’entreprise de pneumatiques Bergougnan fabrique également 5 000 pneus par semaine pour les Allemands. Outre les productions, pour s’emparer durablement de l’industrie française, les groupes allemands exigent la création de co-entreprises en s’arrogeant la majorité du capital. L’entreprise chimique Francolor, créée en 1941, regroupe l’essentiel du secteur chimique français car elle possède un capital de 800 millions de francs. [8] La société allemande IG Farben exige la majorité absolue et obtient donc 51% des parts de Francolor (soit 40 000 actions). [9] Les livraisons de Francolor à l’Allemagne entre 1942 et 1944 sont évaluées à un montant de 265 millions de francs. [10]
Les impacts en France
Toutes ces contraintes économiques du régime de Vichy permettant le financement de l’occupation ont entraîné des contraintes pour les Français. L’Allemagne impose surtout des versements de sommes exorbitantes au titre des frais d’occupation. [11] Dès l’été 1940, la rupture des circuits d’approvisionnement ont provoqué une dislocation du marché national. L’État français impose donc un rationnement strict des denrées alimentaires et des produits de la vie quotidienne avec un contrôle rigoureux des prix. [12] Le fait de devoir produire pour le Reich entraîne aussi la réquisition de main d’œuvre. D’abord, on assiste au système de la « Relève » en 1942-1943. Ce système consiste à échanger la libération d’un prisonnier de guerre français contre l’envoi volontaire de trois ouvriers Allemagne. [13]
Ce système est un échec et cela mène à la création du Service du Travail Obligatoire (STO) en 1943. Le STO a pour but de répondre aux exigences croissantes de l’Allemagne. Dans un premier temps, les jeunes nés au début des années 1920 étaient obligés de partir travailler en Allemagne sous peine de sanctions. [14] Face à l’insatisfaction de l’Allemagne, une loi durcit le système en février 1944. Elle oblige tous les hommes ayant entre 16 et 60 ans ainsi que toutes les femmes ayant entre 18 et 45 ans et sans enfants, à partir travailler en Allemagne (à condition que leur présence ne soit pas obligatoire à l’économie française). [15] Au total, environ 700 000 français et 40 000 femmes sont partis travailler en Allemagne. À l’échelle européenne, le Troisième Reich a ainsi exploité sept millions de travailleurs forcés issus de pays occupés. [16]
Références :
- https://www.universalis.fr/encyclopedie/regime-de-vichy/
- Ibid.
- Ibid.
- https://shs.cairn.info/revue-revue-d-histoire-de-la-shoah1-1997-1-page-8?lang=fr
- Ibid.
- Ibid.
- Ibid.
- Ibid.
- Ibid.
- Ibid.
- Ibid.
- https://shs.cairn.info/histoire-economique-de-vichy–9782262035655-page-45?lang=fr
- https://shs.cairn.info/revue-revue-d-histoire-de-la-shoah1-1997-1-page-8?lang=fr
- https://www.universalis.fr/encyclopedie/service-du-travail-obligatoire-sto/
- Ibid.
- Ibid.
Gratuit · Résultat immédiat · Sans inscription.
Journaliste au Club du Patrimoine by Adomos.


