Le 28 juin 1919, la France sort victorieuse de la Première Guerre mondiale après la signature du traité de Versailles. Néanmoins, La France de l’après-guerre ressort affaiblie : régions industrielles détruites, terres dévastées, réseaux ferroviaires endommagés et une dette publique massive.
L’Allemagne étant perdante, la question des réparations imposées à celle-ci devient centrale. Pour la France, il s’agit de se reconstruire sans avoir à solliciter uniquement les contribuables français. L’Allemagne doit donc payer suffisamment car la défaite de la bataille de Sedan résonne encore.
Une solution évidente pour la reconstruction française
Lors de la signature du traité de Versailles, la France veut que l’Allemagne assume ses responsabilités. Lors de la chute du Second Empire, la France avait payé 5 milliards de francs à l’Allemagne comme un simple « tribut ». [1]
Tout d’abord, l’article 231 du traité de Versailles affirme officiellement la responsabilité de l’Allemagne dans le déclenchement du conflit et pour toutes les pertes qu’il a causé. [2] Ce texte instaure juridiquement un « devoir de réparer les torts causés ». Après de nombreuses conférences, l’état des paiements fixe la somme totale des indemnités de guerre à 132 milliards de marks-or en mai 1921 pour la réparation des dommages. [3] En guise de sanction de compensation au niveau territorial, l’Allemagne perd un huitième de son territoire.
Elle restitue l’Alsace-Lorraine à la France et perd le contrôle de ses mines de charbon sur le territoire de la Sarre qui deviennent la propriété de la France. [4]
Un paiement échelonné et difficile
Les réparations prévues par le traité de Versailles sont difficiles à obtenir. Les raisons sont plurielles : divisions diplomatiques entre les Alliés, la résistance et l’effondrement économique de l’Allemagne ainsi que le krach de 1929.
D’un point de vue diplomatique, la France se retrouve isolée. En 1920, les États-Unis refusent de ratifier le traité de Versailles et se tournent vers une tendance isolationniste, ce qui prive la France du soutien américain. Cet élément est crucial car les Américains n’ont pas joué un rôle d’arbitre entre les puissances européennes, ce qui a causé des soucis avec les Britanniques. [5] Tout comme les États-Unis, les Britanniques refusent de lier le paiement des dettes interalliées aux réparations que l’Allemagne doit à la France et demandent le remboursement des pensions militaires aux Allemands. Ce qui a doublé la facture initiale présentée à l’Allemagne. [6]
De plus, le traité étant perçu comme une humiliation par les Allemands, l’Allemagne est confrontée à un chômage important et à une inflation qui entravent sa capacité à payer. [7] Face à la résistance allemande d’honorer ses paiements, les Français décident d’occuper la région de la Ruhr en 1923 pour contraindre l’Allemagne à payer en nature. Ce qui développe une grève et un effondrement du système monétaire allemand. [8] L’inconvénient avec l’occupation de la Ruhr est donc que l’Allemagne a besoin de financiers internationaux pour continuer à payer.
La dette allemande est rééchelonnée puis le paiement des réparations devient dépendant des flux de prêts américains qui ont été accordés pour soutenir l’industrie allemande. [9] Malheureusement, le krach de 1929 encourage le retrait des capitaux américains en Europe, ce qui précipite davantage la chute de l’économie en Allemagne. [10] Face à cette crise, les paiements par l’Allemagne sont gelés et la conférence de Lausanne de 1932 met pratiquement fin au système des réparations. [11] Adolf Hitler arrive au pouvoir en janvier 1933 et cesse complètement les versements. [12]
Une aide minime
Finalement, la France a reçu une aide très faible de part de l’Allemagne. Malgré les articles du traité et les clauses économiques fixées en 1921, les versements ont été très loin de couvrir les besoins français.
La dette pour les réparations allemandes avait été fixée à 132 milliards de marks-or au total. L’Allemagne en paiera seulement 8,929 milliards à la France. [13] Cette somme ne représente qu’environ 30% des dépenses de reconstruction engagées par la France. [14] L’économie française a dû combler les 70% restants en alourdissant la dette publique et la pression fiscale sur ses citoyens (impôts, taxes etc.).
Références :
- https://books.openedition.org/igpde/15261
- https://enseignants.lumni.fr/fiche-media/00000000912/la-signature-du-traite-de-versailles-instaurant-les-conditions-de-paix-le-28-juin-1919-muet.html
- https://books.openedition.org/igpde/15261
- https://books.openedition.org/igpde/2859
- https://enseignants.lumni.fr/fiche-media/00000000912/la-signature-du-traite-de-versailles-instaurant-les-conditions-de-paix-le-28-juin-1919-muet.html
- https://books.openedition.org/igpde/15261
- https://droit.cairn.info/revue-revue-francaise-de-finances-publiques-2018-1-page-201?lang=fr
- Ibid.
- Ibid.
- Ibid.
- https://books.openedition.org/igpde/15261
- Ibid.
- Ibid.
- Ibid.
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