Livret Jeune après 25 ans : quelles alternatives pour faire fructifier son épargne ?

Le Livret Jeune est souvent le tout premier produit d’épargne ouvert à l’adolescence : cadeaux de Noël, argent d’anniversaire, premiers petits boulots… Il permet de mettre de côté sans risque, avec un taux souvent intéressant. Mais à 25 ans, ce livret arrive forcément en fin de parcours. Alors, que devient l’argent qui s’y trouve ? Et surtout, où le placer pour qu’il continue à travailler pour vous ?

Tout savoir sur le Livret Jeune

Le Livret Jeune est un livret d’épargne réglementé, réservé aux 12–25 ans, accessible à toute personne résidant en France et limitée à un seul livret par personne.

Ses grandes caractéristiques :

  • Plafond de dépôts : 1 600 € (hors intérêts).
  • Taux d’intérêt : fixé librement par chaque banque, mais obligatoirement au moins égal à celui du Livret A.
  • Intérêts exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux.
  • Argent disponible à tout moment, sans frais.

L’année des 25 ans est la dernière pendant laquelle il est possible de détenir un Livret Jeune. Au plus tard au 31 décembre, la banque doit le clôturer. Vous pouvez demander sa fermeture et transférer l’épargne sur votre compte ou sur le livret de votre choix. Autrement, la banque le clôture automatiquement et l’argent est placé sur un compte d’attente le temps que vous indiquiez où le transférer. Dans tous les cas, vos économies ne disparaissent pas : à vous de décider quelle place elles prennent dans votre stratégie d’épargne.

Quelles alternatives après le Livret Jeune ?

À 25 ans, on a souvent plusieurs objectifs à la fois : avoir un peu d’argent de côté en cas de coup dur, préparer un projet (voyage, voiture, appartement), voire commencer à penser à la retraite. Voici les alternatives pour placer son épargne à la fermeture de son Livret Jeune. 

> Livret A : la base de l’épargne de précaution

Le Livret A reste le réflexe le plus simple pour remplacer un Livret Jeune.

  • Plafond : 22 950 €.
  • Taux : 1,7 % net depuis le 1ᵉʳ août 2025.
  • Garantie de l’État et intérêts exonérés d’impôts.

C’est l’outil idéal pour votre épargne de secours : l’argent reste disponible à tout moment pour faire face aux imprévus (panne de voiture, déménagement…). En revanche, son rendement reste limité : au-delà de votre épargne de précaution, il peut être intéressant de diversifier.

> LDDS : le complément du Livret A

Le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) fonctionne quasiment comme un Livret A : son taux est identique (1,7 %), son plafond est de 12 000 € et les intérêts sont exonérés d’impôts. Il est souvent utilisé en complément du Livret A quand celui-ci commence à se remplir. Les fonds servent notamment à financer la transition énergétique.

> LEP : si vous êtes éligible, c’est le plus intéressant

Le Livret d’Épargne Populaire (LEP) est réservé aux personnes aux revenus modestes, mais il offre le meilleur taux parmi les livrets réglementés :

  • Taux : 2,7 % net à partir du 1ᵉʳ août 2025.
  • Plafond : 10 000 €.
  • Conditions de revenus : il faut respecter un plafond de ressources fixé chaque année.

Si vous y avez droit, c’est généralement le premier livret à remplir, avant le Livret A, puisque son rendement est attractif pour une épargne sécurisée.

> CEL / PEL : si vous avez un projet immobilier

Si vous commencez à penser à l’achat d’un logement, deux produits peuvent entrer en jeu :

  • le Compte Épargne Logement (CEL), rémunéré à 1,25 % depuis août 2025, avec un droit à prêt à taux avantageux ;
  • le Plan Épargne Logement (PEL), au taux de 1,75 % pour les PEL ouverts depuis le 1ᵉʳ janvier 2025.

Leur intérêt principal n’est pas tant le rendement que la possibilité, à terme, d’obtenir un prêt immobilier à des conditions connues à l’avance. Ce sont des outils à envisager si vous êtes déjà dans une logique de projet immobilier à moyen terme. Ils ne remplacent pas une épargne de précaution, mais complètent une stratégie dédiée à l’achat immobilier.

> Assurance-vie : pour commencer à investir sur le long terme

À partir de 25 ans, vous pouvez aussi envisager d’ouvrir une assurance-vie. Ce n’est pas un « contrat décès », mais une enveloppe d’épargne souple, qui permet de placer sur un fonds en euros (sécurisé) ou sur des unités de compte (fonds plus dynamiques, avec un risque de perte en capital). L’assurance-vie permet de profiter d’une fiscalité adoucie après 8 ans et de transmettre plus facilement un capital en cas de décès. C’est un bon outil pour diversifier progressivement, à condition de garder en tête que l’horizon est long terme (au moins 8-10 ans).

> PER : si vous voulez déjà préparer votre retraite

Le Plan d’Épargne Retraite (PER) peut paraître lointain à 25 ans, mais il présente un atout : les versements peuvent être déduits de vos revenus imposables, ce qui réduit immédiatement votre impôt si vous êtes déjà imposé dans une tranche significative. En contrepartie, l’argent est bloqué jusqu’à la retraite (sauf cas particuliers ou achat de résidence principale). C’est donc un outil à réserver à l’épargne dont vous n’aurez pas besoin avant longtemps.

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