Placements & Marchés

Comptes à terme et obligations : ces placements sécurisés qui font leur retour

AF
Aicha Fall
14 avril 2026
7 min de lecture
Placements & Marchés
Comptes à terme et obligations : ces placements sécurisés qui font leur retour

Pendant plusieurs années, les comptes à terme et les placements obligataires ont été délaissés par les épargnants. Les taux d’intérêt très faibles rendaient ces supports peu attractifs face à l’immobilier, aux actions ou même aux livrets réglementés. Depuis la remontée des taux engagée par la Banque centrale européenne, leur rendement redevient plus visible dans les stratégies patrimoniales.

Pour les investisseurs prudents, ces placements offrent aujourd’hui un compromis intéressant entre sécurité, revenu fixe et diversification portefeuille. Ils permettent de mieux rémunérer une épargne sans risque ou faiblement risquée, sans supporter la volatilité parfois marquée des marchés actions.

Les comptes à terme profitent directement de la remontée des taux d’intérêt

Les comptes à terme correspondent à des dépôts bloqués pendant une durée définie à l’avance, généralement de quelques mois à plusieurs années. En échange de cette immobilisation temporaire, la banque verse une rémunération connue dès le départ. Plus la durée est longue, plus le taux proposé est souvent élevé.

En 2026, certains comptes à terme offrent encore des rendements compris entre 2,5 % et 3,5 % sur des durées allant de six mois à deux ans. Certaines banques en ligne ou établissements spécialisés proposent même ponctuellement des offres proches de 4 % pour des durées courtes. Cette rémunération dépasse largement celle du Livret A, désormais fixé à 1,5 %, ou du LDDS à 1,5 % également.

Ce retour des comptes à terme s’explique aussi par leur simplicité. L’épargnant connaît dès le départ la rémunération de son placement et ne subit pas les fluctuations des marchés financiers. En revanche, cette sécurité s’accompagne d’une liquidité épargne plus limitée. En cas de retrait anticipé, des pénalités peuvent être appliquées et le rendement final peut être revu à la baisse.

Pour cette raison, les comptes à terme conviennent surtout aux sommes dont l’investisseur sait qu’il n’aura pas besoin dans les mois à venir. Ils peuvent représenter une alternative pertinente pour une partie de l’épargne de précaution excédentaire, notamment lorsque les livrets réglementés sont déjà remplis.

Les obligations court terme redeviennent attractives

Les obligations court terme retrouvent elles aussi une place dans les allocations patrimoniales. Une obligation est un titre de dette émis par un État ou une entreprise. L’investisseur prête de l’argent à l’émetteur et reçoit en échange un intérêt régulier, appelé coupon, ainsi que le remboursement du capital à l’échéance.

Après des années de rendements très faibles, les obligations offrent de nouveau des performances intéressantes. En 2026, certaines obligations d’entreprise bien notées et arrivant à échéance dans deux à cinq ans affichent des rendements compris entre 3 % et 4 %. Les obligations d’État françaises à deux ans évoluent autour de 2,3 %, tandis que certaines obligations d’entreprises notées investment grade, c’est à dire de bonne qualité de crédit, dépassent encore 3,5 %.

Les obligations de courte maturité présentent un avantage important dans le contexte actuel. Elles sont moins sensibles aux variations futures des taux d’intérêt que les obligations de longue durée. Lorsqu’un investisseur détient une obligation qui arrive à échéance dans deux ou trois ans, il limite le risque de voir la valeur de son titre baisser fortement en cas de nouvelle hausse des taux.

Cette classe d’actifs peut donc jouer un rôle utile dans une logique de diversification portefeuille. Elle permet d’introduire davantage de stabilité au sein d’un patrimoine, en complément des actions ou de l’immobilier. Les fonds obligataires à échéance, qui regroupent plusieurs obligations au sein d’un même produit, connaissent d’ailleurs un regain d’intérêt depuis deux ans.

La fiscalité reste un élément déterminant dans le rendement net

Le rendement affiché d’un compte à terme ou d’une obligation ne correspond pas toujours au gain réellement perçu par l’épargnant. Les intérêts générés sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30 %, qui comprend 12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux.

Un compte à terme rémunéré à 3 % procure donc un rendement net proche de 2,1 % après fiscalité. Une obligation offrant 4 % de coupon génère un rendement net d’environ 2,8 % si l’investisseur est soumis au prélèvement forfaitaire unique. Cette différence peut sembler limitée, mais elle devient significative sur plusieurs années ou pour des montants élevés. La fiscalité explique aussi pourquoi certains investisseurs privilégient l’assurance vie pour loger une partie de leurs placements obligataires.

Après huit ans de détention, l’assurance vie bénéficie d’un régime fiscal plus favorable, avec un abattement annuel sur les gains. Les fonds euros et certains supports obligataires intégrés dans un contrat peuvent ainsi permettre d’améliorer le rendement net après impôt.

Cette réflexion sur la fiscalité devient d’autant plus importante que les placements sécurisés retrouvent de l’intérêt. Lorsque les rendements sont faibles, quelques dixièmes de points peuvent modifier sensiblement la performance finale d’un portefeuille.

Sécurité, rendement et disponibilité doivent rester équilibrés

Le retour des placements obligataires et des comptes à terme ne signifie pas que l’ensemble de l’épargne doit être orienté vers ces supports. Leur principal avantage réside dans leur faible niveau de risque, mais cette sécurité a aussi ses limites. Les comptes à terme manquent de souplesse. Les obligations peuvent subir une baisse temporaire de valeur si les taux remontent ou si la situation financière de l’émetteur se dégrade.

Une stratégie d’épargne équilibrée consiste souvent à répartir les capitaux entre plusieurs catégories d’actifs. Les livrets réglementés conservent leur utilité pour les dépenses imprévues. Les comptes à terme peuvent accueillir une épargne disponible à horizon de quelques mois ou quelques années. Les obligations court terme apportent un revenu fixe relativement stable. Les actions et l’immobilier restent, eux, davantage adaptés à une logique de valorisation sur le long terme.

Pour les ménages qui cherchent à renforcer la stabilité de leur patrimoine, ces placements sécurisés retrouvent aujourd’hui une vraie pertinence. Ils permettent de mieux arbitrer entre rendement sécurisé, liquidité épargne et maîtrise du risque dans un environnement où les taux d’intérêt demeurent plus élevés qu’au cours de la décennie précédente.

Références :

Service Public, « Livret A et LEP : baisse des taux de rémunération à compter du 1er février 2026

https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A18000

Les Échos, Epargne : les ménages redécouvrent le charme des comptes à terme

https://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/epargne-les-menages-redecouvrent-le-charme-des-comptes-a-terme-1975041

Autorité des marchés financiers, Comprendre les obligations avant d’investir

https://www.amf-france.org/fr/espace-epargnants/comprendre-les-produits-financiers/actions-obligations/obligations/comprendre-les-obligations-avant-dinvestir

France Transactions, Compte à terme 2026 : Taux, durée, plafond et comparatif des taux

https://www.francetransactions.com/comparatifs/comparatif-taux-compte-a-terme.html

Service Public, Évolution du taux du Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU)

https://entreprendre.service-public.gouv.fr/actualites/A18796

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Journaliste

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