L’Union européenne : un projet de paix et de reconstruction économique

Après la Seconde Guerre mondiale, le continent européen cherche à éviter un nouveau conflit en rendant les nations économiquement interdépendantes. Cette volonté se traduit par une mise en commun des ressources françaises et allemandes. Cela passe par de nombreux traités et accords avec des élargissements progressifs : de la CECA en 1951 à l’introduction de l’euro en 2002.

Les origines

En 1950, le ministre français des Affaires étrangères Robert Schuman prononce un discours dans lequel il révèle le projet du Commissaire général au Plan Jean Monnet : la Communauté européenne du Charbon et de l’acier (CECA). Le 18 avril 1951 est signé le traité de Paris qui donne naissance à ce qui est aujourd’hui considéré comme la « matrice » originelle de l’Union européenne. Elle regroupe six pays : la France, les Pays-Bas, l’Italie, le Luxembourg, la Belgique et la République fédérale d’Allemagne (RFA). Il entre en vigueur le 23 juillet 1952 avec une durée de vie limitée à 50 ans. Le marché commun du charbon et de l’acier débute en 1953. À l’époque, l’acier et le charbon sont deux matières qui sont à la base de l’industrie de la France et de l’Allemagne1.

 Six ans après, les pays signataires du traité de Paris souhaitent élargir la coopération. Ils signent les deux traités de Rome le 25 mars 1957 qui créent la Communauté économique européenne (CEE) et la Communauté européenne de l’énergie atomique (CEEA ou Euratom). La CEE a pour objectif de renforcer le marché commun existant. Désormais, les droits de douane entre les pays membres sont éliminés et les ententes entre entreprises sont interdites. En parallèle de ces réformes, le nouveau Marché unique prévoit « l’abolition […] des obstacles à la libre circulation des personnes, des services et des capitaux » pour les pays membres2.

Entre 1958 et 1970, la suppression de ces restrictions fonctionne. Le commerce intracommunautaire est multiplié par six, tandis que les échanges de la CEE avec les autres pays sont multipliés par trois3. Le PNB de la CEE progresse de 70% et le pouvoir d’achat des habitants de 4 à 5% par an4.

Une succession d’élargissements 

Au cours des années 1950, le Royaume-Uni s’est tenu à l’écart du concept due au fait de sa relation privilégiée avec les États-Unis. Après deux tentatives d’intégrer la CEE et deux refus avec le président de Gaulle, les Britanniques intègrent enfin la CEE en 1973 en compagnie de l’Irlande et du Danemark. Désormais, la CEE compte neuf membres. S’en suit de la Grèce en 1981, de l’Espagne et du Portugal en 19865.

Avec ces élargissements, un nouveau système monétaire est nécessaire. Lors du Conseil européen de Copenhague en 1978, la France et la RFA initient la création du Système monétaire européen (SME). Ce système propose des taux de changes fixes mais ajustables entre les monnaies des pays membres de la CEE. Une stabilité monétaire est donc en cours, notamment avec la création de l’European Currency Unit (Ecu) qui est une monnaie de compte mais indisponible pour le public. Désormais, aucune devise n’a de statut privilégié6.

La création de l’Union européenne et de l’euro

En 1988, le Conseil européen veut instaurer une union économique et monétaire (UEM) en trois phases.

La première étape est le renforcement de la coopération monétaire et la libération des mouvements des capitaux dès 1990. Le Conseil européen veut rapprocher les politiques monétaires nationales entre elles et confie de nouvelles responsabilités au Comité des gouverneurs des banques centrales des États membres de la CEE. C’est le résultat de ces actions qui amène au traité de Maastricht, également appelé « traité sur l’Union européenne » (TUE). Approuvé en 1991, signé en 1992, il entre en vigueur le 1er novembre 19937.

La deuxième phase débute en 1994 après le TUE avec la mise en place de l’Institut monétaire européen (IME) dans l’objectif de créer la Banque centrale européenne (BCE). Bien que l’IME n’est pas responsable de la conduite politique monétaire, il est chargé de renforcer les coordinations entre les banques centrales pour préparer le système européen des banques centrales (SEBC). En 1995, la monnaie unique est choisie par le Conseil européen : l’euro.

En 1998, la BCE remplace l’IME et le 1er janvier 1999 onze États membres (sur quinze) acceptent la nouvelle monnaie ainsi que la fixation des taux de conversions de leurs monnaies8. L’euro a tout d’abord été une monnaie invisible qui a été utilisée à des fins comptables. C’est le 1er janvier 2002 que les pièces et les billets sont introduites, remplaçant les monnaies nationales telles que le franc belge, le franc français ou encore le Deutsche Mark.

Références

[1] (Touteleurope.eu)., « Qu’est-ce que la CECA ? », (lien : https://www.touteleurope.eu/histoire/qu-est-ce-que-la-ceca/)

[2] (Touteleurope.eu)., « Union européenne : que sont les traités de Rome de 1957 ? », (lien : https://www.touteleurope.eu/fonctionnement-de-l-ue/les-traites-de-rome-1957/)

[3] Ibid.

[4] (Ehne.fr)., « L’économie et la construction de l’Europe au 20e siècle », (lien : https://ehne.fr/fr/encyclopedie/thématiques/l%27europe-politique/un-modele-europeen-defini-par-les-politiques-publiques/l%27economie-et-la-construction-de-l%27europe-au-20e-siecle)

[5] Touteleurope.eu., « Les élargissements de l’Union européenne, de 6 à 27 Etats membres », –https://www.touteleurope.eu/fonctionnement-de-l-ue/les-elargissements-de-l-union-europeenne-de-6-a-27-etats-membres/

[6] Touteleurope.eu., « Histoire de l’Union économique et monétaire et de l’euro » – https://www.touteleurope.eu/histoire/histoire-de-l-union-economique-et-monetaire-et-de-l-euro/

[7] Ibid.

[8] Ibid.

Ecb.europa.eu)., « Notre monnaie » – lien : https://www.ecb.europa.eu/euro/intro/html/index.fr.html


Articles similaires

Le XIXe siècle et la naissance du capitalisme moderne

Le XIXe siècle en France, siècle de tous les changements et des innovations. Un siècle ayant connu trois systèmes : empire, monarchie, République. La France connaît un essor économique du fait des innovations de la première révolution industrielle et de son extension coloniale. Elle est encouragée à encadrer le modèle

Les salaires sous toutes leurs formes

Le travail, un quotidien dans la vie de l’Homme depuis la nuit des temps. Néanmoins, tous les travaux n’ont pas toujours été rémunérés de la même manière et encore moins comme nous la connaissons aujourd’hui. Mise en lumière sur les différents types de rémunérations depuis l’Antiquité. L’étymologie du mot «

La classe ouvrière française : de ses débuts à la loi Aubry I

À la suite de la révolution industrielle en Grande-Bretagne, la classe sociale ouvrière française émerge au cours du XIXe siècle dans l’industrie des mines et des usines. Dans l’ouvrage Manifeste du Parti communiste, les philosophes Allemands Friedrich Engels et Karl Marx qualifient cette classe ouvrière comme étant « naissante »