Taxe foncière 2026 : ce que l’augmentation prévue par Bercy va changer pour les propriétaires

Depuis plusieurs semaines, une éventuelle révision de la taxe foncière fait beaucoup parler d’elle. Bercy envisage en effet d’actualiser les critères servant à calculer l’impôt local, une mesure qui pourrait entraîner une hausse pour des millions de propriétaires dès 2026. Si la réforme doit encore être débattue, elle soulève déjà de nombreuses questions et parfois des inquiétudes, chez ceux qui paient la taxe foncière chaque année. Comment cette mise à jour fonctionnerait-elle ? Qui pourrait être concerné ? Et dans quelle mesure la facture pourrait-elle augmenter ? Voici ce qu’il faut retenir pour y voir clair.

Comment est calculée la taxe foncière ?

La taxe foncière repose d’abord sur la surface du logement, mais pas seulement. Depuis 1970, l’administration ajoute aussi une série d’éléments de confort censés refléter la qualité du bien. Concrètement, chaque équipement apporte un certain nombre de mètres carrés fictifs, qui viennent gonfler la surface imposable. Il s’agit notamment de l’eau courante, l’électricité, le chauffage (ou la climatisation), les WC, le lavabo (au moins un par salle de bain) et la douche ou la baignoire.

Par exemple, la DGFiP explique qu’un appartement de 82 m² peut être considéré fiscalement comme un logement de 100 m² une fois le confort ajouté (eau +4 m², électricité +2 m², douche +4 m², lavabos +6 m², chauffage +2 m²). Cette surface corrigée sert ensuite à calculer la valeur locative cadastrale, puis la taxe foncière. La valeur locative n’est pas un loyer réel, mais une estimation administrative qui sert de base au calcul de l’impôt. Jusqu’ici, de nombreux biens n’avaient jamais été mis à jour, malgré des rénovations parfois anciennes, c’est cette absence d’actualisation que la réforme cherche à corriger.

Pourquoi la taxe foncière va-t-elle augmenter en 2026 ?

Bercy a décidé d’actualiser ces données pour refléter l’état réel des logements en 2026. Officiellement, cette mise à jour vise plus de transparence et d’équité fiscale : deux biens de standing similaire ne doivent plus être taxés à des niveaux différents parce que l’un d’eux n’avait jamais été réévalué depuis des décennies. En théorie, la réforme vise donc à rétablir l’équité plutôt qu’à augmenter globalement le niveau d’imposition.

Voici les équivalences communiquées par la DGFiP :

  • Eau courante : +4 m²
  • Électricité : +2 m²
  • Chauffage : +2 m²
  • Lavabo : +3 m²
  • Baignoire : +5 m²

Beaucoup de logements rénovés ou modernes disposent forcément de ces équipements, mais ne les avaient jamais déclarés – parfois par simple oubli, parfois parce qu’aucune révision n’avait eu lieu depuis longtemps. Selon l’administration, la réévaluation est « une question d’efficacité et d’équité », tandis que Solidaires Finances Publiques y voit « une mesure prise en catimini » susceptible de faire grimper l’impôt. Dans les faits, 7,4 millions de logements devraient être concernés.

Quels propriétaires verront leur taxe foncière augmenter ?

La révision ne concerne pas tous les Français, elle vise principalement les logements considérés comme « ordinaires à luxueux », c’est-à-dire ceux pour lesquels l’absence d’équipements de base est aujourd’hui improbable. Les appartements rénovés, les maisons modernes et les biens qui n’ont jamais été réévalués depuis leur construction ou leurs travaux devraient alors être concernés. À l’inverse, les logements déjà déclarés ou révisés récemment subiront peu ou pas d’effet.

En revanche, les logements modestes, très anciens, non réhabilités ou en mauvais état seront exclus, car il est plausible qu’ils ne disposent pas d’un confort complet. En moyenne, Bercy estime la hausse à 63 € par logement, mais elle pourra être plus marquée pour les biens très équipés.

Comment savoir si vous êtes concerné ?

Les propriétaires concernés recevront un courrier de la DGFiP courant 2026. Ils seront invités à vérifier ou mettre à jour leurs informations, pour éviter toute erreur avant l’émission de la taxe foncière 2026.

Vous pouvez aussi anticiper en vérifiant :

  • si votre logement a été rénové récemment ;
  • si des éléments de confort n’ont jamais été déclarés ;
  • si la dernière révision cadastrale remonte à plusieurs décennies.

À noter : tout changement important (création d’une salle de bain, installation d’un chauffage central, rénovation complète) doit être déclaré dans les trois mois via votre espace particulier sur impots.gouv.fr.

Bientôt une réforme plus large du mode de calcul ?

Cette révision technique intervient dans un contexte dans lequel la taxe foncière explose déjà depuis plusieurs années. Face aux critiques, le gouvernement a annoncé la suspension de cette augmentation jusqu’au mois de juin, afin de trouver une « nouvelle méthode » de calcul, plus lisible et mieux adaptée aux besoins des collectivités locales. L’objectif affiché : moderniser un impôt fondé sur des bases datant des années 1970. Cette réflexion globale pourrait aboutir à des changements plus significatifs dans les prochaines années, mais rien n’est encore décidé.

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