Entre le jeudi 24 octobre et le mardi 29 octobre 1929, la Bourse de New York s’effondre. En quelques jours seulement, des milliards de dollars s’évaporent et des fortunes disparaissent. Cependant, tous les krachs boursiers n’ont pas eu la même ampleur que le krach boursier de 1929 avec des catastrophes durables et à échelle importante. Alors pourquoi cet évènement s’est-il transformé en la plus grave crise économique mondiale du XXe siècle ? Au point d’être surnommée la « Grande Dépression » (1929-1939).
L’effondrement de la Bourse de New York
Dans les années 1920, surnommées les « Années folles », la France et les États-Unis connaissent de nombreux rebondissements économiques. Après la Grande Guerre, les États sont favorables à la paix et au développement de l’économie. Par exemple, entre 1926 et 1929, la production industrielle mondiale et le commerce international connait une hausse de 15%. [1] L’indice du cours des actions à la Bourse de New York (Wall Street) signale une hausse des profits sur la même période avec une hausse moyenne de 12% par an. [2] Alors que s’est-il passé ?
Une partie de la population a vu son niveau de vie augmenté rapidement pendant les Années folles. Les gens achètent donc des actions afin de tirer davantage de profits. Ainsi, la demande d’actions augmente mais l’offre reste identique, ce qui entraîne une hausse de la valeur marchande des actions. [3] Le problème est que les industries essayent donc de répondre à la demande des consommateurs et sont en état de surproduction.
Finalement, les personnes qui investissent dans la Bourse de New York se rendent compte qu’elles ne tirent pas autant de profits qu’elles le souhaitent… Elles vendent donc toutes leurs actions au même moment. La Bourse de Wall Street s’effondre avec la vente de 13 millions d’actions le jeudi et 33 millions le mardi. [4] Cet évènement reste gravé comme le « jeudi noir » dans l’histoire, plongeant le pays et le monde entier dans une dépression économique importante.
Son impact en Amérique du Nord

Bien que cet effondrement bancaire se passe à la Bourse de Wall Street, aux États-Unis, le Canada est particulièrement touché également. On assiste à une propagation de la crise très importante, entraînant la ruines des banques, la fermeture d’entreprises et un chômage de masse.
La semaine suivant le drame, les actions sont vendues à bas prix et personne ne veut en acheter. La plupart des investisseurs avaient emprunté de l’argent dans les banques pour investir et ne peuvent donc pas rembourser les prêts qu’ont accordé les banques. Par conséquent, de nombreuses banques font faillite. [5] La population n’a donc plus de pouvoir d’achat, la demande de biens et de services diminue et 85 000 entreprises cessent de fonctionner.
Ceci déclenche la fermeture de nombreuses usines et on compte 13 millions de chômeurs, soit 25% de la population active américaine à l’époque. [6] Le Canada va connaître le même drame qu’aux États-Unis. Les Américains n’achètent plus de produits aux Canadiens et les industries canadiennes chutent. Par exemple au Québec, le taux de chômage augmente rapidement car il passe de 7,7% en 1929 à 26,4% en 1932. [7]
Le revenu moyen par habitant diminue d’environ 44% lors de ces mêmes années. [8] Cette crise va se répandre à travers l’Europe et va fortement toucher l’économie française.
Son impact sur la France
La France fait du commerce avec États-Unis à ce moment-là. Il y a donc une certaine dépendance économique. La crise américaine fait donc baisser les exportations car la production diminue et les investisseurs américains rapatrient les capitaux qu’ils ont investi à l’étranger… Ce qui déclenche une faillite des banques européennes et françaises. [9] La Grande Dépression en France se fait ressentir à travers plusieurs facteurs : la chute de l’indice général de production industrielle, une baisse des exportations, le chômage, un pouvoir d’achat en baisse ou encore un conflit au sujet de la politique monétaire entre les secteurs dits «abrités» et «vulnérables». [10]
Les industries françaises déclinent notamment dans le domaine du cuir et de la soie. On distingue une baisse de production de 23,9% pour le cuir et 21,7% pour la soie. [11] Pour ces deux industries, le chômage affecte environ 10% de la population salariée, soit environ un million de personnes en 1930. [12] En 1933, cela ne cesse de s’accentuer car plus de 40% des établissements industriels sont affectés par le chômage. On constate donc une importante déflation de 16,5% touchant les produits de l’industrie du textile et de 23,7% pour l’industrie du cuir et des peaux. [13]
Concernant le pouvoir d’achat, il diminue fortement due à un paradoxe qui est propre à la France : une augmentation du coût de la vie pour les ouvriers. Dans les autres pays touchés par la crise, les prix de gros baissaient et le coût de la vie ouvrière reculait également. Cependant, il est important de souligner que cela ne s’est pas passé comme cela en France dans les années 1930. Par exemple, pour un ouvrier dans le secteur de la métallurgie parisienne, l’indice du salaire horaire (sur une base de 100) se situe à 104,4 en 1929. [14] Les dépenses alimentaires pour les ouvriers en ville stagnent, voire augmentent pendant cette période alors que l’alimentation représentent 60% du budget à l’époque. [15] Ainsi, on retrouve une hausse du coût de la vie ouvrière alors même que les prix de gros dans l’alimentaire baissent de 11,9% entre février et décembre 1929. [16]
Le fait que la quasi-totalité des revenus des ouvriers passent dans l’alimentation a provoqué une baisse du pouvoir d’achat sur d’autres industries (automobiles, vêtements etc.). Le dernier point touche la valeur du franc entre les secteurs « vulnérables » (soie, laine, coton etc.) et « abrités » (métallurgie, chimie, électricité etc.). Les secteurs vulnérables souffrent de la revalorisation du franc et de la perte de commerce à l’international. Ils veulent maintenir une monnaie à un taux faible. Alors que les secteurs abrités ne veulent pas d’une nouvelle dévaluation du franc dans les années 1930 car ils veulent privilégier le marché intérieur et taux assez haut. [17]
En conclusion, la Bourse de Wall Street est la plus importante au monde du fait de son nombre d’investisseurs de diverses nationalités. Dans les années 1930, les États-Unis étaient engagés pour le commerce d’import/export et avaient soutenu la France lors de la Grande Guerre. Quand un des principaux piliers de la tour s’affaiblie, c’est tout le gratte-ciel qui s’effondre.
Références :
[1] Lien : https://www.banque-france.fr/fr/publications-et-statistiques/publications/la-crise-de-1929
[2] Lien : Ibid.
[3] Lien : https://www.alloprof.qc.ca/fr/eleves/bv/histoire/la-grande-depression-h1636
[4] Lien : https://www.alloprof.qc.ca/fr/eleves/bv/monde-contemporain/annees-folles-grande-depression-angle-economique-h1945
[6] Lien : Ibid.
[7] Lien : https://www.alloprof.qc.ca/fr/eleves/bv/histoire/la-grande-depression-h1636
[8] Lien : Ibid.
[9] Lien : https://www.alloprof.qc.ca/fr/eleves/bv/monde-contemporain/annees-folles-grande-depression-angle-economique-h1945
[10] Lien : https://www.jstor.org/stable/pdf/3501372.pdf?refreqid=fastly-default%3A3e714c8d75dee0c0ccbb9f1bfcee32bc&ab_segments=&initiator=&acceptTC=1
[11] Lien : Ibid.
[12] Lien : Ibid.
[13] Lien : Ibid.
[14] Lien : Ibid.
[15] Lien : Ibid.
[16] Lien : Ibid.
[17] Lien : Ibid.