Faut-il déclarer tous les dons à partir de 2026 ? Démêler le vrai du faux

Dès 2026, faut-il vraiment déclarer tous les dons, jusqu’au billet de 50 € donné à Noël ? Les réseaux sociaux s’emballent, les titres de presse se multiplient et beaucoup de personnes finissent persuadées qu’un simple coup de pouce à leurs enfants devra être déclaré aux impôts. En réalité, les règles n’ont pas changé aussi radicalement qu’on le croit : c’est surtout la façon de déclarer certains dons qui évolue, pas tout le reste.

Voici, point par point, ce qui est vrai et ce qui est faux pour 2026.

Vrai. Certains dons entre particuliers doivent déjà être déclarés (et la télédéclaration devient la norme)

Depuis longtemps, la loi impose de déclarer les dons manuels faits entre particuliers. Il s’agit des sommes d’argent (virement, chèque, liquide), des biens meubles (bijoux, œuvres d’art, véhicules, objets de valeur, etc.) et des actions ou autres valeurs mobilières

La nouveauté, c’est qu’à partir du 1ᵉʳ janvier 2026, cette déclaration devra, en principe, se faire en ligne sur impots.gouv.fr (rubrique « Déclarer un don ou une cession de droits sociaux »), et le paiement des droits aussi, lorsqu’il y en a.

Seules exceptions :

  • les personnes sans accès Internet ou dans l’incapacité matérielle d’utiliser le service en ligne (personnes âgées dépendantes, etc.) pourront encore utiliser le papier ;
  • certains dons particuliers (don familial pour résidence principale, don à un mineur protégé, etc.) resteront déclarés sur formulaire papier, car l’outil en ligne ne les gère pas encore.

En clair, oui, la déclaration existe déjà ; oui, elle devient surtout dématérialisée à partir de 2026.

Faux . Il faudra déclarer tous les cadeaux, même l’argent de poche ou les cadeaux de Noël

C’est l’intox la plus répandue : « Dès 2026, il faudra déclarer les 50 € donnés à son enfant ou les cadeaux de Noël. » C’est faux. La loi fait une grosse différence entre le don manuel « exceptionnel » et le « présent d’usage ». Le premier n’est pas lié à un événement précis et son montant est important par rapport au patrimoine ou aux revenus de la personne qui donne. Il est à déclarer en principe. Le « présent d’usage » est un cadeau à l’occasion d’un événement (Noël, anniversaire, mariage, diplôme…). Son montant est raisonnable au regard de la situation financière de la personne qui offre. Il n’a pas à être déclaré. 

Il n’existe pas de seuil chiffré officiel (50 €, 100 €, etc.) : l’administration raisonne en proportion. On ne demande pas à un grand-parent de déclarer chaque billet de 20 € glissé à Noël. Cependant, un chèque de 10 000 € d’un coup pourra, lui, être considéré comme un don à déclarer, s’il est distinctement disproportionné.

Vrai. Certains dons doivent être déclarés même s’ils ne seront pas imposés

Autre idée reçue : « Si je déclare, je vais payer des impôts. » Là encore, c’est faux dans un grand nombre de cas.

La plupart des dons bénéficient d’abattements fiscaux, en fonction du lien de parenté :

  • jusqu’à 100 000 € par parent et par enfant, tous les 15 ans, sans droits de donation ;
  • environ 31 865 € par grand-parent et par petit-enfant, tous les 15 ans ;
  • d’autres dispositifs existent pour certains dons en espèces (“don familial”) ou dans des cas particuliers.

En pratique, la Direction générale des Finances publiques rappelle que, sur des dizaines de millions de dons déclarés chaque année, moins de 2 % donnent lieu au paiement de droits : la plupart sont couverts par ces abattements.

Alors pourquoi déclarer si l’on ne paie rien ?

  • Pour déclencher le délai de 15 ans. Au bout de 15 ans, l’abattement se « recharge » et vous pouvez refaire une donation exonérée.
  • Pour laisser une trace claire en vue de la succession, et éviter les conflits (« Untel a été avantagé », etc.).

Faux. La règle « tout doit être déclaré, peu importe le montant »

Certains contenus affirment : « À partir de 2026, tout don, même 50 €, devra être déclaré, point. » C’est inexact pour deux raisons. Tout d’abord, la loi ne change pas sur le fond : ce qui est à déclarer en 2025 reste à déclarer en 2026 et ce qui n’avait pas à l’être (présents d’usage) ne le devient pas comme par magie. Les dons qui sont à déclarer sont « exceptionnels, hors événement et/ou disproportionnés par rapport au patrimoine et aux revenus »… Il ne s’agit pas de déclarer les petites sommes, comme l’argent de poche.

Vrai. En 2026, la télédéclaration devient obligatoire, mais pas pour tout le monde

Le décret de novembre 2025 prévoit qu’à compter du 1ᵉʳ janvier 2026 :

  • les dons manuels entre particuliers (sommes d’argent, biens meubles, valeurs mobilières) seront à déclarer en ligne, et les droits payés en ligne aussi ;
  • en cas de non-respect, une majoration de 0,2 % des droits de donation (minimum 60 €) pourra s’appliquer ;
  • les personnes sans accès Internet ou dans l’incapacité d’utiliser le service pourront continuer d’utiliser la déclaration papier et un paiement « classique » (chèque, etc.) ;
  • certaines situations particulières (don familial pour l’achat de résidence principale, dons à un mineur protégé, etc.) resteront hors télédéclaration, faute d’outil adapté.

L’objectif affiché : simplification, dématérialisation et meilleure traçabilité des dons, mais pas une nouvelle taxe généralisée sur l’argent de poche.

Références

France Info, En 2026, faudra-t-il déclarer tous les dons entre particuliers, même l’argent de poche ?, https://www.franceinfo.fr/replay-radio/le-vrai-du-faux/vrai-ou-faux-en-2026-faudra-t-il-declarer-tous-les-dons-entre-particuliers-meme-l-argent-de-poche_7636163.html 

TF1 Info, VÉRIF’ – Faudra-t-il déclarer aux impôts tous les dons reçus « peu importe le montant », dès le 1ᵉʳ janvier 2026 ?, https://www.tf1info.fr/conso-argent/verif-faudra-t-il-declarer-aux-impots-tous-les-dons-recus-peu-importe-le-montant-des-le-1er-janvier-2026-2410835.html 

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