Assurance-vie ou PER : les questions indispensables à poser avant d’ouvrir un contrat

Entre la hausse du coût de la vie, le besoin de sécuriser son épargne et l’envie de préparer sa retraite, de nombreux Français cherchent aujourd’hui un placement simple, efficace et adapté à leur situation. L’assurance-vie reste le produit préféré des épargnants, tandis que le Plan d’Épargne Retraite (PER) séduit grâce à son avantage fiscal immédiat. “Mais avec la multiplicité des contrats et des informations parfois techniques, il est difficile d’y voir clair. Avant de signer, certaines questions simples permettent pourtant de faire le bon choix, et d’éviter de mauvaises surprises.

Pour éviter les erreurs et s’assurer que le contrat correspond réellement à vos besoins, certaines questions clés doivent être posées dès le premier rendez-vous. Voici celles qui permettent de comparer sereinement un PER et une assurance-vie.

1. Quels sont réellement les frais du contrat ?

Les frais peuvent réduire la performance d’un placement sur le long terme, d’où l’importance d’obtenir une vision complète du coût du contrat.

Demandez systématiquement :

  • Les frais sur versement (0 à 5 % selon les contrats) ;
  • Les frais de gestion (différents entre fonds euros et unités de compte) ;
  • Les frais d’arbitrage en cas de changement de supports ;
  • Les frais éventuels des options (gestion pilotée, garanties complémentaires…).

Un contrat à 2 % de frais sur les versements peut représenter un coût significatif sur plusieurs années. Les frais d’entrée peuvent parfois être négociés : il ne faut donc pas hésiter à poser la question. Sur 20 ans, ce sont souvent les frais qui expliquent l’écart de performance entre deux contrats.

2. Quel est le rendement du fonds en euros ?

Dans une assurance-vie, le fonds en euros représente la partie garantie du contrat. Son rendement varie selon les années. Connaître son historique sur 3 ou 4 ans permet d’évaluer la régularité du produit.

Questions utiles à poser :

  • Le rendement est-il dans la moyenne du marché ?
  • Le fonds euros est-il accessible librement ou sous conditions (par exemple investir une part en unités de compte) ?
  • Est-il possible d’y placer l’intégralité de vos versements ?

Un rendement nettement inférieur au marché ou conditionné à des contraintes importantes peut être un point d’attention.

3. Quel est l’assureur qui porte le contrat ?

Dans le cadre d’une assurance-vie ou d’un PER, le contrat est toujours adossé à un assureur (Generali, Spirica, Apicil, Suravenir, etc.), même lorsqu’il est distribué par une banque, une plateforme ou un conseiller. Connaître cet assureur permet de mieux comprendre le fonctionnement du contrat, ainsi que les conditions de gestion.

L’assureur détermine notamment :

  • Le rendement du fonds en euros ;
  • La structure des frais ;
  • Les garanties proposées ;
  • La solidité financière de l’enveloppe.

Demandez simplement quel assureur se trouve derrière le contrat afin de pouvoir comparer les caractéristiques avec d’autres offres du marché. Cela permet de choisir en toute transparence le produit le plus adapté à votre situation.

4. Le PER me permet-il réellement de réduire mes impôts ?

L’avantage principal du PER est la déduction fiscale des versements. Cependant, cet intérêt dépend de votre situation personnelle.

Renseignez-vous alors de la sorte : 

  • Quelle est ma TMI (Tranche Marginale d’Imposition) ?
  • Quelle économie d’impôt vais-je obtenir grâce à mes versements ?

En général, le PER devient pertinent à partir d’une TMI de 30 % ou plus. Lorsque l’imposition est faible ou nulle, l’avantage fiscal est limité.

5. L’argent est-il disponible ? Sous quelles conditions ?

Avec l’assurance-vie, les sommes sont accessibles à tout moment, permettant de faire face à un imprévu ou de financer un projet. Avec le PER, l’épargne est en principe bloquée jusqu’à la retraite. Certaines exceptions existent toutefois : achat de résidence principale, invalidité, décès du conjoint, fin de droits au chômage…

Demandez précisément :

  • Les cas de déblocage anticipé ;
  • Les modalités de sortie à la retraite (capital, rente ou combinaison) ;
  • La fiscalité applicable selon l’option choisie.

Avant d’ouvrir un PER, il est donc essentiel de disposer d’une épargne de précaution disponible ailleurs.

6. Ce contrat correspond-il vraiment à ma situation ?

Un placement ne se choisit jamais de manière standardisée, le conseiller doit d’abord s’informer sur :

  • Votre situation familiale,
  • Votre capacité d’épargne,
  • Votre niveau d’imposition,
  • Vos projets,
  • Votre appétence au risque.

N’hésitez pas à demander : « En quoi ce produit est-il adapté à ma situation personnelle ? » Une réponse claire et argumentée est un bon indicateur de la pertinence du contrat.

À retenir

Le meilleur contrat d’assurance-vie ou de PER est celui dont les frais sont transparents, le fonctionnement bien expliqué et l’adéquation avec votre situation personnelle clairement établie. Poser les bonnes questions permet d’avancer sereinement et de choisir un produit réellement adapté à vos objectifs. Dans de nombreux cas, combiner assurance-vie et PER peut offrir un équilibre intéressant entre flexibilité, fiscalité et préparation de la retraite.

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