Immobilier Locatif en 2026 : Est-ce encore un bon plan ?

Entre rendement et fiscalité, l’immobilier locatif à l’heure de la réforme

À l’aube de 2026, le paysage fiscal français se prépare à une mutation d’envergure avec l’arrivée de l’impôt sur la fortune improductive, qui remplacera l’ancien impôt sur la fortune immobilière. Celui-ci ne se limite plus aux biens immobiliers mais touche aussi certaines économies considérées comme peu productives, comme les liquidités, les cryptoactifs et certains contrats d’assurance vie en fonds garantis. Les fonds euros sont des contrats d’assurance vie sécurisés dans lesquels l’épargnant ne prend presque aucun risque mais où la croissance du capital reste faible. Le gouvernement souhaite que l’argent soit dirigé vers des investissements jugés plus utiles à l’économie réelle, et ce changement va avoir des conséquences directes pour les familles qui possèdent ou souhaitent acheter un bien locatif.

Pour les propriétaires et investisseurs dans l’immobilier locatif, cette réforme modifie profondément la manière de calculer l’impôt. L’ancien barème progressif disparaît et laisse place à un taux unique de 1 %, ce qui simplifie le calcul mais peut représenter un prélèvement annuel important pour certains patrimoines. Un abattement d’un million d’euros sur la résidence principale est prévu, ce qui signifie que cette partie du patrimoine n’est pas imposable. Cette nouvelle organisation oblige les propriétaires à réévaluer la rentabilité de leurs investissements et à prendre en compte l’impact fiscal dès le début de leur projet.

Un impôt élargi qui ravive une controverse ancienne

Le gouvernement souhaite limiter l’argent placé sans activité économique. Les fonds euros sont particulièrement concernés car ils sécurisent l’épargne sans générer beaucoup de valeur économique. Si beaucoup d’épargnants retirent leur argent pour échapper à la taxation, cela pourrait réduire la base taxable et limiter les recettes fiscales. À l’inverse, si peu de mouvements ont lieu, l’État pourrait récupérer plusieurs centaines de millions d’euros supplémentaires, ce qui montre que l’impact de cette réforme reste incertain et dépendra des réactions des épargnants.

Pour les familles, cette situation signifie qu’il faudra réfléchir à la meilleure manière de placer leur argent tout en évitant un impôt trop lourd. La fiscalité va jouer un rôle beaucoup plus important dans le choix entre continuer à louer un bien, placer de l’argent dans des fonds sécurisés ou diversifier vers des actifs considérés comme productifs. Les décisions devront être prises en tenant compte à la fois des revenus attendus et de l’impact fiscal sur le long terme pour éviter de se retrouver avec un investissement moins rentable que prévu.

L’immobilier locatif replacé au centre de la réflexion patrimoniale

Contrairement à ce que certains propriétaires espéraient, la plupart des logements loués resteront soumis à l’impôt même si les biens respectent des normes énergétiques élevées. Cela change la logique précédente qui distinguait clairement le patrimoine productif, c’est-à-dire loué et rentable, du patrimoine dormant, c’est-à-dire non utilisé. Les logements locatifs pourraient être considérés comme productifs si la loi reconnaît leur rôle dans l’offre locative mais il est aussi possible qu’ils restent imposables selon une interprétation stricte des critères d’utilité.

Les familles qui possèdent un ou plusieurs biens locatifs devront anticiper ce risque fiscal et intégrer cette incertitude dans leurs calculs. Il devient essentiel de prendre en compte non seulement les revenus mensuels provenant du loyer mais aussi l’impact potentiel de la taxation sur l’ensemble du patrimoine, surtout pour ceux dont les biens dépassent le seuil de 1,3 million d’euros à partir duquel l’impôt commence à s’appliquer. Ces décisions sont désormais complexes car elles nécessitent de combiner rentabilité locative et stratégie fiscale.

Un nouvel environnement de décision qui bouleverse les arbitrages

La rentabilité des investissements locatifs pourrait être affectée par ce nouvel impôt. Pour limiter les coûts, certains investisseurs privilégieront des logements économes en énergie, plus attractifs pour les locataires ou réaliseront des travaux permettant de générer un déficit foncier. Le déficit foncier est un mécanisme fiscal qui permet de réduire l’impôt global lorsque les charges et travaux dépassent les revenus locatifs. Si le plafond de ce dispositif est relevé, il pourrait compenser partiellement le nouvel impôt et rendre l’investissement plus intéressant malgré les changements fiscaux.

Les familles disposant d’un patrimoine plus important devront réfléchir à une diversification de leurs placements. Il est possible de combiner immobilier, actifs productifs ou investissements indirects comme les sociétés civiles de placement immobilier. Les décisions ne se baseront plus uniquement sur le rendement locatif mais sur la manière dont chaque investissement affecte la fiscalité et la valeur globale du patrimoine familial. Cela demande une réflexion stratégique et un suivi régulier des évolutions fiscales pour s’assurer que les revenus générés restent intéressants.

Un risque systémique sous haute surveillance

Cette réforme ne touche pas uniquement les riches et pourrait avoir des conséquences sur l’ensemble de l’économie. Si beaucoup de Français retirent leur argent des fonds euros pour éviter l’impôt, les compagnies d’assurance devront vendre rapidement des obligations pour faire face aux retraits. Les obligations sont des prêts que l’on accorde à l’État ou à des grandes entreprises et cette vente massive ferait baisser leur valeur et augmenterait les taux d’intérêt pour financer la dette publique. Cette situation montre que les décisions de placement des familles peuvent avoir des effets indirects sur l’économie.

Pour les familles, cela souligne l’importance de planifier leurs investissements et de ne pas concentrer tout le patrimoine sur un seul type de placement. Une stratégie diversifiée permet de limiter l’exposition aux mouvements brusques des marchés tout en continuant à générer des revenus réguliers. Il sera essentiel de rester attentif aux nouvelles règles et aux évolutions économiques pour adapter sa stratégie en temps réel.

Un moment charnière pour repenser la gestion des patrimoines

Dans le contexte actuel, il est trop tôt pour tirer une conclusion définitive sur l’intérêt de l’immobilier locatif en 2026 car tout dépendra de la façon dont le nouvel impôt sur la fortune improductive sera appliqué et des textes réglementaires précis qui viendront encadrer les actifs concernés. La taxation pourrait réduire la rentabilité, surtout pour les patrimoines importants, mais elle ne rend pas forcément l’investissement locatif non viable.

Les points clés à considérer sont la situation familiale du propriétaire, ses sources de revenus, la composition de son patrimoine et l’horizon de détention des biens. Si les investisseurs anticipent bien et diversifient leurs placements tout en optimisant l’usage de l’abattement sur la résidence principale, il reste possible de maintenir une rentabilité correcte, surtout pour des investissements dans des zones ou types de biens où la demande locative reste forte.

En d’autres termes, l’immobilier locatif pourrait rester intéressant pour ceux qui planifient soigneusement, restent flexibles et intègrent les nouvelles contraintes fiscales dans leur stratégie globale. Pour les investisseurs moins préparés ou avec des patrimoines très concentrés dans l’immobilier, le risque de rentabilité réduite sera plus marqué.

Exemples chiffrés pour une famille type   Imaginons une famille qui possède un appartement locatif acheté 250 000 euros et qui génère 10 000 euros de loyer par an. Supposons qu’elle doive réaliser 3 000 euros de travaux pour le maintenir en bon état et respecter certaines normes énergétiques. Avec le mécanisme du déficit foncier, ces 3 000 euros viennent diminuer les revenus imposables, ce qui réduit l’impôt à payer sur le revenu généré par le loyer. Si le plafond du déficit foncier est relevé, la famille pourrait même déduire davantage de travaux, ce qui compenserait partiellement le nouvel impôt sur la fortune improductive.   Prenons maintenant l’exemple d’une famille dont le patrimoine immobilier dépasse 1,3 million d’euros, seuil à partir duquel l’impôt s’applique. Si elle détient une résidence principale estimée à 600 000 euros, elle bénéficie d’un abattement d’un million d’euros, donc cette partie n’est pas imposable. Pour le reste du patrimoine, disons 400 000 euros investis dans des biens locatifs, l’impôt de 1 pour cent représente 4 000 euros par an. Cette somme doit être intégrée dans le calcul de la rentabilité globale pour savoir si l’investissement reste intéressant. Si la famille réalise en parallèle des travaux générant un déficit foncier ou investit dans des logements économes en énergie qui attirent facilement des locataires, elle peut maintenir un rendement correct malgré la taxation.   Ainsi, la rentabilité dépend du patrimoine, des revenus locatifs et des dépenses. Avec une planification soignée et une diversification des placements, une famille peut préserver ses gains et limiter l’impact de la nouvelle fiscalité de 2026.

Références


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