Avec la remontée du taux du PEL à 2 % depuis janvier 2026, beaucoup d’épargnants se reposent la même question : faut-il rouvrir un PEL après en avoir fermé un ?
La tentation est compréhensible, surtout lorsque l’ancien plan arrive à échéance ou est clôturé automatiquement. Pourtant, ouvrir un PEL n’est pas un réflexe universel. Entre rendement réel, contraintes de durée et fiscalité, la décision mérite un minimum d’arbitrage.
Le PEL : un produit à part dans l’épargne
Le plan d’épargne logement (PEL) n’est ni un livret classique, ni un placement totalement libre. Il a été conçu pour préparer un projet immobilier, avec des règles strictes dès l’ouverture.
Concrètement, le PEL impose :
- Un dépôt initial (225 €),
- Des versements réguliers obligatoires,
- Un plafond élevé (61 200 €),
- Et surtout une durée de détention minimale de 4 ans.
Autre spécificité importante : tout retrait entraîne la clôture du PEL, quel que soit son âge. Ce manque de souplesse le distingue clairement des livrets réglementés.
Ancien PEL fermé : faut-il forcément en ouvrir un nouveau ?

Lorsqu’un ancien PEL est fermé, volontairement ou automatiquement (notamment après 15 ans pour les plans ouverts après 2011), la question du remplacement se pose. Mais la réponse dépend avant tout du taux de l’ancien PEL.
Les PEL ouverts avant les années 2000 affichent parfois des taux supérieurs à 3 % brut, garantis à vie. Dans ce cas, la fermeture est rarement une bonne idée, ces anciens PEL offrent un rendement imbattable à capital garanti.
À l’inverse, les PEL ouverts après 2018, rémunérés autour de 1 %, ont beaucoup perdu de leur attrait. Ils sont fiscalisés dès la première année et ne bénéficient plus de la prime d’État. Pour ces profils, la question de fermer pour rouvrir un PEL peut se poser plus sereinement.
Le nouveau PEL à 2 % : un rendement à relativiser
Depuis janvier 2026, le taux du PEL est fixé à 2 % brut, soit environ 1,40 % net après prélèvements. C’est mieux qu’hier, mais ce rendement reste à comparer avec d’autres solutions.
Le PEL reste moins liquide qu’un Livret A, fiscalisé et contraignant en termes de versements. Il peut toutefois redevenir pertinent pour les épargnants qui n’en possèdent pas et qui acceptent de bloquer leur argent sur plusieurs années.
Et le prêt PEL dans tout ça ?

Le PEL donne théoriquement accès à un prêt épargne logement, dont le taux est fixé dès l’ouverture du plan. Pour un PEL ouvert en 2026, le taux du prêt est de 2 %, hors assurance.
Sur le papier, c’est attractif. Dans la pratique, ce prêt n’est pas toujours compétitif face aux crédits immobiliers classiques, surtout si les taux du marché continuent de baisser. Le PEL ne doit donc pas être ouvert uniquement pour son prêt, mais comme un outil d’épargne cohérent avec un projet réel.
Durée de détention et fiscalité : des points clés à intégrer
La durée de détention du PEL est centrale dans la décision. Avant 4 ans, toute clôture entraîne des pénalités plus ou moins importantes. Après 10 ans, les versements ne sont plus autorisés. Après 15 ans, les PEL récents sont automatiquement transformés en livret bancaire classique.
Côté fiscalité du PEL, les intérêts sont soumis aux prélèvements sociaux, et à l’impôt sur le revenu (flat tax ou barème), dès la première année pour les PEL ouverts depuis 2018. Résultat, le rendement réel du PEL est souvent inférieur à ce que laisse penser son taux facial.
PEL sans projet immobilier : est-ce vraiment pertinent ?

C’est une question centrale, un PEL sans projet immobilier clairement identifié perd une grande partie de son intérêt. Son manque de souplesse peut devenir un frein, notamment si votre situation personnelle ou professionnelle évolue.
Dans ce cas, d’autres supports offrent souvent un meilleur équilibre entre rendement, liquidité et fiscalité.
Quelles alternatives au PEL après une clôture ?
Si vous avez fermé un PEL et hésitez à en rouvrir un, plusieurs alternatives au PEL existent :
- Les livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP) pour l’épargne de précaution,
- L’assurance-vie, pour diversifier et bénéficier d’une fiscalité avantageuse sur le long terme,
- Le PER, si l’objectif est la préparation de la retraite,
- Les comptes à terme, pour sécuriser une épargne sur une durée définie.
Ouvrir un PEL après en avoir fermé un : une décision à personnaliser
Pour conclure, ouvrir un PEL après en avoir fermé un n’est jamais automatique. Tout dépend de votre ancien contrat, de vos objectifs et de votre horizon de placement. Le nouveau PEL à 2 % peut avoir du sens dans certains cas, mais il n’est ni le plus souple ni le plus performant pour tous les profils.
Avant de rouvrir un PEL par réflexe, il est préférable de comparer, arbitrer et parfois accepter que d’autres solutions soient plus adaptées à votre situation.
Références :
Goodvest.fr, Peut-on garder un PEL plus de 15 ans ?, https://www.goodvest.fr/blog/epargne-patrimoine/peut-on-garder-pel-plus
Placement.meilleur-taux.fr, Que faire de votre PEL après 10 ans de détention ?, https://placement.meilleurtaux.com/livret-epargne/pel/garder-pel-plus-15-ans.html
Lesechos.fr, Epargne : faut-il rouvrir un PEL après la fermeture de votre ancien compte ?, https://www.lesechos.fr/patrimoine/placement/epargne-faut-il-rouvrir-un-pel-apres-la-fermeture-de-votre-ancien-compte-2177940
Placement.meilleur-taux.fr, Plan épargne logement à 2% : devez-vous fermer votre vieux PEL pour en ouvrir un nouveau ?, https://placement.meilleurtaux.com/livret-epargne/pel/fermer-pel-pour-en-ouvrir-un-autre.html