Le Plan Marshall : un moteur pour l’économie française

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, la France est un pays profondément meurtri. Les bombardements et l’Occupation ont laissé le pays en ruine avec des infrastructures détruites, des pénuries alimentaires et des dettes. En 1947, les États-Unis de Harry S. Truman proposent un programme d’aide de reconstruction économique : le Plan Marshall. L’objectif est d’aider l’Europe à retrouver le chemin de la croissance et l’ouverture sur le monde extérieur.

La situation économique de la France

situation économique de la france avant guerre plan marshall

Bien avant la guerre, la France était affaiblie dans les années 1930. On note une baisse de la production industrielle ainsi que du temps de travail hebdomadaire avec le Front Populaire. Les importations ont baissé de 52% et les exportations de 60% entre 1929 et 1938. [1] La guerre ne va faire qu’empirer la situation.

Entre 1939 et 1945, la France compte 600 000 morts, une destruction de 28% de son capital immobilier et deux tiers de ses moyens de transports également détruits ou endommagés. Les disponibilités en biens et services ont été diminués par deux, les prix officiels ont triplé et la circulation monétaire a été multipliée par six.[2] Le GPRF lance l’« Emprunt de la Libération » en novembre 1944 qui s’élève à 164,4 milliards de francs.

Le pays tente donc de lever des fonds auprès des citoyens pour se relever mais cela ne permet pas la reconstruction des usines et la réparation de tous les dégâts. [3] La France prend un retard supplémentaire par rapport aux États-Unis et à la Grande-Bretagne qui ont doublé leur production. [4]

Les objectifs du Plan Marshall

Alliés de la France, les Américains de l’administration Truman décident d’aider l’Europe à se relever tout en développant une sorte de « civilisation commune ».

En 1946, le taux d’inflation en France se situe à 80%. [5] Les accords franco-américain Blum-Byrnes de mai 1946 apportent uniquement une aide de 700 millions de dollars au gouvernement français. [6]

En 1947, le secrétaire d’État Américain George Catlett Marshall charge le diplomate Américain George Kennan d’élaborer un plan de redressement pour l’Europe. Au total, seize pays européens de l’Ouest demandent une aide de 22 milliards de dollars sur quatre ans, dont un quart sous forme de prêts et trois quarts sous forme de dons.

L’Organisation européenne de coopération économique (OECE) est créée et est chargée de gérer l’argent distribué. En 1948 le Congrès américain accorde des crédits pour un montant total de 17 milliards de dollars, bien que seulement 13 milliards seront distribués entre 1948 et 1951. La France bénéficie tout d’abord d’un don d’une somme s’élevant à 2,444 milliards de dollars. [7]

Les opportunités pour la France

Après cette première aide, la France va pouvoir se relancer dans l’économie et dans les investissements avec une croissance assez importante.

En six ans, la France reçoit 3,5 milliards de dollars qui représentent 13% de la PIB française, cela permet de créer le Fonds de Modernisation et d’Équipement (FME) en 1948 proposé par Jean Monnet. Le FME est chargé de gérer les fonds provenant de la vente des biens américains livrés en Europe. Son objectif est de financer la reconstruction de l’industrie ainsi que de la moderniser.

Chaque année, le FME reçoit l’équivalent d’un milliard de dollars. La croissance reprend au rythme de 8% par an avec l’industrie et l’énergie. Sur une base de 100 en 1949, on se trouve à 108 en 1950, à 116 pour l’industrie et à 250 pour l’énergie. Les principaux investissements se font également dans les transports et l’agriculture. La formation de capital reprend donc car il représente 18% du revenu national entre 1949 et 1950. [8]

En conclusion, la France est le deuxième pays le plus aidé après le Royaume-Uni car il reçoit environ 18% de l’aide totale.

Références

[1] Lien : https://books.openedition.org/igpde/15002?lang=fr

[2] Lien : https://www.jstor.org/stable/40955474

[3] Lien : https://books.openedition.org/igpde/15002?lang=fr

[4] Ibid.

[5] Lien : https://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/revue/avril-1948-septembre-1951-le-plan-marshall

[6] Ibid.

[7] Ibid.

[8] Lien : https://books.openedition.org/igpde/15002?lang=fr


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